Deux trésors dans ma bibliothèque qui donnent vie à cette chère Jo Marsch

Le vaste monde de Susan Warner et Les quatre filles du Docteur Marsch de Louisa May Alcott.

Contrairement aux apparences, je ne lis pas que des livres avec des fantômes et des animaux qui parlent : j’ai aussi une grande affection pour les histoires mettant en scène des enfants, et particulièrement durant la fin XIXe, début XXe siècle. Pour moi, il y a quelque chose de magique dans ces univers.

J’aime l’esthétique de ces anciens romans, les formules un peu désuètes dans les dialogues, les descriptions des anciennes maisons et des vêtements,  et la présence de la nature à cette époque où les gens vivaient bien plus en communion avec la faune et la flore. Je suis très attachée à ces récits, notamment comme ceux d’Anne aux pignons verts, La petite maison dans la prairie et Les quatre filles du Docteur Marsch.

Je ne sais pas vous, mais je trouve qu’il y a comme un goût de Noël, d’enfance et de vacances quand je pense aux aventures des sœurs Marsch. C’est très certainement lié à la diffusion quasi annuelle des différents films les mettant en scène durant les vacances scolaires quand j’étais petite, et j’avais beau connaître le scénario par cœur, je ne pouvais pas résister à l’idée de voyager quelques heures à cette époque qui me fascine malgré la difficulté de la vie, aux cotés de ces personnages qu’on ne peut qu’aimer. Même si je finissais le cœur en miette, j’avais quand même le sourire aux lèvres.

J’ai longtemps cherché un beau livre illustré de Jo et ses sœurs, jusqu’à ce que je tombe par hasard sur un petit livre de la collection Bleuet des éditions Vedette édité en 1953 durant une braderie il y a une quinzaine d’année. Et s’il y a bien quelques choses que j’adore, c’est adopter des vieux livres à la couverture usée, aux pages jaunies, avec parfois un marque-page oublié (ici c’est un joli morceau de papier qui marque à jamais la page 59) et si en plus on y trouve un petit mot du genre “de la part de tata Suzette pour ma nièce préférée” (chose que je ne supporterais pas dans un livre récent et neuf), ça ne fait que rajouter de la valeur au livre à mes yeux. Je suis toujours émue de recueillir une trace du passé, le souvenir d’une émotion, car j’aime m’imaginer qu’à une époque où je n’étais même pas née, quelqu’un qui peut-être n’est plus de ce monde aujourd’hui a pris ce livre entres ses mains, l’a lu voire relu, l’a aimé, en a rêvé et puis a continué sa vie et moi j’ai la chance de posséder ce livre qui déborde d’émotions, ceux que l’auteur a voulu y mettre, ceux que le ou les lecteurs ont ressenti et ceux qui j’y ai mis : la vie des personnages et des lecteurs s’entremêlent et je trouve ça fantastique.

Et vous savez ce qu’il y a de plus merveilleux encore ? C’est de découvrir dans la vraie vie un objet dont on a parlé dans un récit : l’espace d’une seconde c’est comme si vous pouviez entrer en contact avec un personnage qui pourtant n’existe pas : dans ma bibliothèque j’ai un des livres qui a fait pleurer Jo Marsch, celui dans le chapitre nommé “Expériences”.

Le Vaste, Vaste monde est un roman américain écrit en 1850 par Susan Warner sous le pseudo d’Elizabeth Wetherell. Et bien qu’il fut considéré comme le premier best-seller américain, quand j’ai commencé à le chercher il y a une dizaine d’année je me suis vite rendue compte que d’une part ma recherche allait être très difficile ( je n’arrivais pas à mettre la main dessus en librairie, et d’occasions en version originale il était hors de prix) d’autant plus si je voulais une belle version illustrée… Mais ça, c’était sans compter sur ma chère maman qui a le don de me trouver d’anciens livres illustrés dans les braderies. Oui, j’en ai de la chance !

Ce magnifique album a été publié en 1912 aux éditions Neslon avec des illustrations sublimes, on dirait de vrais petits tableaux. Je comprends tout à fait pourquoi Jo a tant pleuré en le lisant, puisqu’il s’agit de l’histoire d’une petite fille, Ellen Montgomery, qui va devoir aller vivre chez une vieille tante qui ne l’aime pas. Les rencontres qu’elle fera lui permettront de garder goût à la vie malgré les terribles épreuves qu’elle va traverser. J’ai adoré cette histoire bien quelle soit très triste et l’objet livre en lui même est un vrai bijou, certainement l’un de mes plus beaux anciens albums illustrés.

Souvent, je le sors de ma bibliothèque pour avoir le plaisir d’admirer la couverture, cette illustration me parle tellement, c’est le style de cuisine dans laquelle je me sens bien et en plus il y a un chat noir  comme ma Ino. Et je me plaît à m’imaginer que c’est peut-être cet album que Jo Marsch a tenu dans ses mains durant une douce matinée, à l’ombre d’un pommier.

 

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